Street art au Cours Julien : le parcours à pied depuis Jean-Jaurès

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Le Cours Julien a ceci de particulier que ses fresques ne sont jamais tout à fait les mêmes d’une visite à l’autre : les collectifs repeignent régulièrement certains murs, si bien qu’un parcours guidé d’il y a deux ans ne correspond déjà plus tout à fait à la réalité des rues. Voici l’itinéraire que je conseillais aux visiteurs pressés, pensé pour partir de la place Jean-Jaurès et se terminer sur les gradins du Cours, sans revenir sur ses pas.

Étape 1 — Place Jean-Jaurès, point de départ

La place Jean-Jaurès, que les Marseillais appellent plus volontiers la Plaine, sert de sas d’entrée au quartier. Après plusieurs années de travaux de réaménagement, ses abords ont retrouvé une vie de marché et de terrasses qui contraste avec l’univers plus underground du Cours Julien, à deux pas de là. C’est ici qu’il faut chercher les premières fresques, souvent installées sur les rideaux de fer baissés des commerces.

Étape 2 — Descendre par la rue Pastoret

La rue Pastoret relie la Plaine au Cours Julien en pente douce, et concentre une partie des œuvres les plus photographiées du quartier : portraits grand format, lettrages travaillés, collages arrachés puis recouverts. La rue change de visage tous les mois, ce qui en fait un point de passage à ne jamais sauter, même pour qui l’a déjà arpentée l’année précédente.

Étape 3 — Les escaliers du Cours Julien

Les escaliers du Cours Julien, qui relient la rue des Trois Rois au Cours proprement dit, sont sans doute le point le plus dense du parcours : chaque marche, chaque contremarche, chaque mur latéral porte une intervention différente. On y croise aussi bien des pochoirs discrets que des fresques monumentales commandées par la ville dans le cadre de programmes de valorisation du street art.

Étape 4 — Flâner sur le Cours lui-même

Une fois en bas des marches, le Cours Julien s’ouvre en une place allongée, bordée de platanes et de terrasses, où se concentrent galeries indépendantes, disquaires et boutiques de créateurs. C’est le moment de ralentir : les fresques les plus soignées se trouvent souvent sur les murs pignons qui donnent sur les petites rues adjacentes, plus que sur le Cours lui-même.

Étape 5 — S’écarter dans les petites rues adjacentes

Le vrai réflexe à prendre, une fois arrivé sur la place, consiste à s’en écarter plutôt qu’à s’y attarder. Les rues Crudère, Vian ou encore la rue des Trois Rois cachent certaines des fresques les plus abouties du quartier, souvent des commandes réalisées lors de festivals de street art successifs plutôt que des interventions spontanées. C’est aussi dans ces petites rues qu’on croise le plus facilement les artistes eux-mêmes en train de retoucher un mur, tôt le matin avant l’ouverture des commerces, un moment que je recommande à qui a la chance de pouvoir décaler sa visite.

Ce qui change d’une année sur l’autre

Contrairement à un monument classé, une fresque de rue n’a aucune vocation à durer : elle est repeinte, recouverte, parfois par un autre artiste qui s’approprie le mur sans prévenir. C’est cette impermanence qui donne au Cours Julien son énergie particulière, et qui explique pourquoi revenir un an plus tard revient presque à découvrir un nouveau quartier. Les habitués du coin suivent ces changements presque comme on suivrait une exposition qui se renouvelle en continu, sans jamais fermer ses portes.

Le quartier doit une partie de son identité à cette tolérance ancienne envers l’art mural, que la page consacrée au Cours Julien sur Wikipédia résume ainsi :

« Le Cours Julien est devenu, à partir des années 1990, un des hauts lieux de la culture alternative marseillaise, notamment grâce à la multiplication des fresques murales et du street art. »

Comptez une heure pour ce parcours à pied tranquille, davantage si vous vous arrêtez photographier chaque mur. Après la marche, la question de l’accrochage de ses propres photos ou tirages une fois rentré chez soi se pose souvent : notre rubrique décoration & maison détaille les bonnes mesures avant de passer chez l’encadreur. Et pour continuer la journée dans un musée, la rubrique vie pratique recense les rendez-vous gratuits du mois.


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