Passe-partout et cadre : les mesures à prendre avant l’encadreur

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Sur un chantier de rénovation, j’ai vu plus d’un client arriver chez l’encadreur avec une seule mesure en tête : la taille de l’œuvre elle-même. C’est la moins utile des trois. Ce qui détermine vraiment le prix et le rendu final, c’est la fenêtre découpée dans le passe-partout, le recouvrement qu’elle laisse sur l’œuvre, et la marge du cadre autour de l’ensemble. Prises dans le désordre, ces mesures produisent des découpes ratées ; prises dans l’ordre, elles évitent l’essentiel des mauvaises surprises.

La fenêtre : toujours plus petite que l’œuvre

La fenêtre du passe-partout, c’est l’ouverture par laquelle on voit l’œuvre. Elle ne doit jamais correspondre exactement aux dimensions de l’œuvre : un recouvrement de trois à cinq millimètres sur chaque bord est nécessaire pour masquer les bords irréguliers d’une gravure ou d’une photographie, et pour que l’œuvre reste solidement maintenue derrière le carton sans glisser au fil des années. Sur une aquarelle de format A4, cela donne une fenêtre d’environ 200 x 287 millimètres pour une feuille de 210 x 297.

La marge du passe-partout, l’erreur la plus fréquente

La marge, c’est la largeur du carton visible tout autour de la fenêtre. Beaucoup de clients la choisissent trop étroite, pour économiser sur la taille du cadre final, alors que c’est elle qui donne à l’œuvre son espace de respiration. Une marge inférieure à quatre centimètres écrase visuellement une petite œuvre ; à l’inverse, une marge généreuse, parfois jusqu’à huit ou dix centimètres sur une grande pièce, donne un rendu proche de celui qu’on voit dans les musées. Petit détail que les encadreurs appliquent presque systématiquement : la marge basse est légèrement plus large que les trois autres, de cinq à dix millimètres, pour compenser une illusion d’optique qui fait paraître une marge uniforme trop courte en bas.

Le format du cadre standard, pour éviter le sur-mesure

Une fois la fenêtre et la marge définies, on obtient les dimensions extérieures du passe-partout, qui doivent correspondre à un format de cadre existant sur le marché. Le cadre 40 x 50 reste le format le plus répandu chez les encadreurs et dans le commerce, suivi du 30 x 40 et du 50 x 70. Viser l’un de ces formats standards plutôt qu’une mesure sur mesure permet souvent de diviser la facture par deux, le sur-mesure restant facturé à la découpe et au façonnage, quand un cadre standard se trouve déjà tout prêt en atelier.

Format de l’œuvre Marge de passe-partout conseillée Cadre standard correspondant
A4 (21 x 29,7 cm) 5 à 6 cm 30 x 40 cm
A3 (29,7 x 42 cm) 5 à 7 cm 40 x 50 cm
30 x 40 cm 6 à 8 cm 50 x 60 cm
40 x 50 cm 8 à 10 cm 60 x 70 cm

Le biseau, un détail qui trahit un mauvais encadreur

Un dernier point, souvent invisible au premier regard mais qui fait toute la différence sur la durée : la découpe du passe-partout doit présenter un léger biseau vers l’intérieur de la fenêtre, jamais une coupe droite à angle vif. Ce biseau, réalisé au cutter spécial par un encadreur expérimenté, évite que le bord du carton ne projette une ombre dure sur l’œuvre et donne à la découpe un rendu net qui vieillit bien. C’est souvent à ce détail, plus qu’au prix affiché, qu’on distingue un atelier sérieux d’un encadrement fait à la va-vite.

Ce qu’il faut apporter à l’encadreur

L’œuvre elle-même, si elle voyage bien, reste la meilleure référence : un encadreur ajuste toujours mieux à vue qu’à partir de mesures approximatives prises à la maison. Si ce n’est pas possible, notez la hauteur et la largeur de l’œuvre au millimètre près, en excluant toute marge blanche déjà présente sur le papier, et précisez si l’œuvre doit être visible en plein bord ou avec un léger recouvrement. Ces deux informations suffisent à un encadreur pour préparer un devis fiable avant même de voir la pièce.

Une fois le cadre choisi, reste la question de l’endroit où l’accrocher : notre rubrique arts & culture revient sur les hauteurs pratiquées dans les musées pour donner à une œuvre sa juste place sur un mur. Et pour les tableaux plus anciens transmis en famille, la question du transport en toute sécurité jusqu’à l’atelier se pose aussi : notre rubrique vie pratique détaille comment emballer une œuvre fragile sans l’abîmer.


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